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peuples chrétiens furent, s’il est permis de le dire, des luttes intellectuelles ; la vérité en était l’enjeu : aujourd’hui c’est un morceau de pain. Chez les peuples matérialistes il n’en peut être autrement. De là ce mot tristement célèbre, parce qu’il est honteusement vrai, du patriarche de la diplomatie moderne : Toutes les questions aujourd’hui sont au fond d’un sac d’écus.

Réaction violente de la liberté et de la charité opprimées moralement par les doctrines destructives de la foi, et physiquement par l’égoïsme, ravisseurs ou détenteurs injustes du bien public, le communisme et le socialisme prennent leur point de départ dans cette double iniquité, comme ils trouvent dans la prétention de la réparer avec éclat le redoutable principe de leur force. Prétention absurde ; car si le communisme et le socialisme sont les indicateurs du mal, ils n’en sont pas, ils ne peuvent en être le remède, attendu qu’ils sont, dans leur application, la violation monstrueuse des deux lois fondamentales des sociétés, la liberté et la charité.


XXXIII.

Véritable remède au mal.

Voulez-vous désarmer ces deux géants de l’anarchie, donnez satisfaction à ce qu’il y a de légitime, c’est-à-dire de vrai dans leurs prétentions. Or, ce qu’il y a de vrai dans le socialisme, c’est le besoin, le droit, la liberté d’association, tel que l’entend et le réalise le christianisme. Ce qu’il y a de vrai dans