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tourne à l’avantage de tout le monde : du capitaliste dont il assure les capitaux et les bénéfices, de l’ouvrier dont il assure l’avenir. Il est vrai encore que les chefs d’industrie peuvent abuser de la latitude qu’on leur accorde pour exagérer leurs prix. De là, deux conséquences inévitables : ou bien leurs produits s’écouleront, et dans ce cas ils réaliseront des bénéfices extraordinaires pour ne pas dire extralégaux, et ce sera en dernière analyse le consommateur qui alimentera la caisse commune ; ou bien, ce qui n’est pas moins à craindre, l’élévation des prix diminuera la consommation. Dans ce cas, le système de la caisse commune tombe en ruines.

Ces objections qu’on peut faire également contre le système de participation aux bénéfices sont dignes d’une sérieuse attention. On les atténue en disant qu’il sera toujours dans l’intérêt des chefs d’industrie de ne pas exagérer leurs prix ; que, dès lors, la consommation se soutiendra d’une manière convenable à la prospérité des établissements ; tout au plus que la diminution dans la vente, et, par conséquent, dans la production, aurait pour résultat de faire refluer les capitaux et les ouvriers vers l’agriculture ; or, loin d’être à craindre, ce résultat serait à désirer. Néanmoins, on doit le dire avec assurance, si les chefs d’industrie ne sont pas avant tout des hommes consciencieux, le système en question, non moins que tous les autres, entraînera des inconvénients et des abus dont la simple logique ne peut prévoir avec certitude ni le nombre ni la gravité.