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geon, etc., il est possible d’arriver à un chiffre exact, et de déterminer, en prenant le cours actuel, le montant réel des bénéfices.

Mais il est une foule d’industries, la librairie, par exemple, où un calcul même approximatif n’est pas possible. Ici, en effet, les produits ont une double valeur : une valeur intrinsèque, qui est fort peu de chose, et une valeur nominale, qui quelquefois est fort considérable, et d’autres fois nulle ou à peu près. Comment fixer cette dernière, c’est-à-dire comment savoir, par exemple, combien vaut un ouvrage qui vient d’être édité quelque temps avant l’inventaire ? Sa valeur est subordonnée au succès, et le succès est parfaitement incertain. On voit quelle foule de difficultés, de mécontentements et de réclamations entraînerait, dans le cas dont nous parlons, le système proposé. Cela soit dit, non pour le combattre quant au fond ; mais seulement quant à l’application trop générale qu’on voudrait en faire.


XXIII.

Caisse commune.

Ici les capitalistes et les ouvriers s’unissent d’une manière différente. Le capitaliste donne chaque année une somme calculée sur l’importance et le succès de l’usine, de la manufacture, etc. ; cette somme forme le fond de caisse. Sur le salaire de chaque ouvrier on opère une retenue fixée à l’amiable : cette retenue entre aussi dans la caisse de réserve.