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munisme, c’est la charité chrétienne, mais la charité faite largement et suivant l’esprit de l’Évangile.

Or, au double point de vue matériel et moral, la charité se manifeste de plusieurs manières : d’abord elle incline constamment le fort vers le faible, le riche vers le pauvre, afin que l’abondance intellectuelle, morale et matérielle des uns supplée à l’indigence des autres. Il faut donc que le riche se donne au pauvre, c’est-à-dire qu’il cherche l’occasion de lui consacrer fraternellement son intelligence par de sages conseils, soit pour la conduite de ses affaires, soit pour l’accord de ses différends, soit pour le placement et l’usage de ses économies, soit pour l’éducation de ses enfants, soit pour le choix de ses travaux, les conditions de ses marchés et la direction de ses entreprises.

Au don de lui-même il doit ajouter le don d’une partie de son avoir et de ses bénéfices ; ce don se réalise par l’aumône et par l’association. L’aumône est de tous les temps ; elle est nécessaire à l’enfant, au malade, au vieillard, en un mot, à tout invalide du travail. L’association est pour le riche un autre moyen de se dépouiller, comme il le doit, d’une partie de son superflu ; elle offre le double avantage d’attacher au travail et d’encourager la bonne conduite ; du reste, elle peut se produire sous différentes formes.