Page:Galien-Oeuvres anatomiques physiologiques et médicales-T1-1854.djvu/266

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
234
UTILITÉ DES PARTIES DU CORPS HUMAIN, III, vi.

autant que possible (p. 232 — cf. aussi chap. vii). Si cette proposition est vraie, et que la main soit un organe de préhension, il est clair que le pied doit l’être aussi, du moins dans une certaine mesure. Il n’en est pas de même du pied du cheval, attendu qu’il est complétement privé de toute préhension ; ce pied a la vitesse en partage, non en vue de la variété de mouvements attribuée à l’être raisonnable, mais en vue de la légèreté et de l’agilité. Le pied du loup, du lion, du chien, offre une structure intermédiaire, il n’est pas complétement simple comme celui du cheval, mais il n’a pas les articulations variées du pied de l’homme. Ces animaux se servent, il est vrai, de leur pied comme d’une main à la chasse et pour la préhension de leur nourriture ; mais pour les autres actions nombreuses que l’homme accomplit, ils sont complètement impuissants.


Chapitre vi. — Principes qui doivent servir à comprendre la structure du pied ; comme il est à la fois un organe de préhension et un organe de sustentation, la structure doit réunir les deux conditions de cette double action, sans que les dispositions qui y concourent soient poussées à l’extrême. — Comparaison du pied et de la main. — Galien distingue l’astragale, le calcaneum et le scaphoïde des autres os du tarse.


Ici encore notre raisonnement nous a forcé, par la nature des choses, à assimiler aux mains les pieds divisés en doigts. Prenons pour principe, comme élément de tout ce que nous allons dire dans la suite, les considérations suivantes : il était absolument nécessaire que le pied de l’homme ne servît pas seulement à la simple sustentation comme cela a lieu chez le cheval, il fallait encore qu’il fût construit en vue de la préhension (cf. II, ix) ; enfin les avantages extrêmes de chacune de ces dispositions ne pouvaient se rencontrer en même temps, autrement l’homme aurait eu pour pieds ou des mains, ou des pieds de cheval. S’il avait des mains, le gros doigt devait être opposé aux autres doigts, le livre précédent l’a démontré (chap. ix), et la base de sustentation serait alors entièrement perdue. S’il avait les pieds absolument petits, arrondis, durs et légers comme sont ceux du cheval, le membre perdait alors complétement la faculté de préhension. Pour arriver donc, autant que possible, non seulement à conserver les avantages des deux dispositions, mais encore à en éviter les inconvénients,