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le fort et le château saint-louis
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l’abbé de Fénelon reçut instruction de ne pas retourner au Canada, et M. de Frontenac reçut un monitum signé de la main même de Louis xiv. (Lettre du roi à Frontenac, du 22 avril 1675.)

Antoine de la Fresnaye, sieur de Brucy, fut aussi interné au fort Saint-Louis cette même année, sous accusation d’avoir enfreint les règlements concernant le commerce des pelleteries.

On sait que Frontenac gouverna le Canada de 1672 à 1682, puis de 1689 à 1698. Dans l’intervalle compris entre ces deux périodes, le gouvernement de la Nouvelle-France fut confié à M. Le Febvre de la Barre, puis à Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville, homme aussi bon que brave, mais qui fut peu habile, ou du moins peu heureux dans sa politique à l’égard des farouches et sanguinaires Iroquois.

M. de Denonville arriva à Québec le 1er août 1685. Il était accompagné de sa femme, Catherine Courtin de Tanqueux, de ses deux enfants : Bénigne, âgée de quatorze ans, et Catherine-Louise-Marie, âgée de deux ans, et d’une amie de sa fille aînée, Élisabeth de Hallot d’Honville. Deux autres enfants de M. de Denonville (deux jeunes garçons) étaient restés en France[1].

  1. Mademoiselle Bénigne de Brisay se fit religieuse carmélite, à Chartres quelques années après le retour de sa famille en France. Mademoiselle de Hallot d’Honville se fit religieuse hospitalière à Québec, sous le nom de sœur Saint-Joseph. On lit dans l’Histoire de l’Hôtel-Dieu, déjà citée :

    « Vers la fin de juillet de la même année, 1685, le vaisseau du Roy amena M. l’abbé de St-Valier, nommé à l’évêché de Québec, M. le marquis de Denonville en qualité de Gouverneur Général, nombre de soldats de recrue et plusieurs officiers d’un mérite distingué. La maladie s’était mise parmi eux, de sorte que, dès que le navire eut mouillé, on remplit de malades non seulement nos salles, mais notre église, nos greniers, nos engrais, poulaillers et tous les endroits de l’Hôpital où nous pûmes leur trouver place ; on dressa même des tentes dans la cour. Nous redoublâmes notre ferveur à les servir ; aussi avaient-ils grand besoin de nos soins ; des fièvres ardentes et