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blait respecter ce lugubre souvenir. Mais, peu à peu, la loi inexorable reprit son empire, et l’horrible catastrophe du 12 juin 1846 n’est plus aujourd’hui, pour la population de Québec, qu’un événement lointain que beaucoup ignorent et auquel les plus anciens eux-mêmes ne songent plus.

Après les scènes de désordre qui eurent lieu à Montréal en 1849, le gouvernement songea à faire construire un palais pour le gouverneur-général à Québec, au centre de l’enceinte du fort Saint-Louis. Des plans furent dressés à cet effet, mais le projet n’eut pas de suite [1].

Le 12 mai 1857 eut lieu, au Vieux Château, la cérémonie de l’inauguration solennelle de l’école normale Laval, présidée par M. Chauveau, le fondateur des écoles normales du Bas-Canada. L’élite de la société religieuse, civile et militaire de Québec assistait à cette cérémonie, où figuraient Mgr Baillargeon, alors évêque de Tloa, et presque tout le clergé de la ville, le juge R.-E. Caron, le docteur Morrin, maire de Québec, et tous les membres du Conseil municipal, l’historien F.-X. Garneau, le recteur et plusieurs professeurs de l’université Laval, le grand-vicaire Cazeau, l’abbé Auclair, l’abbé Racine, le P. Beaudry, S. J., les Pères Oblats de Saint-Sauveur, l’abbé Pilote, supérieur du collège de Sainte-Anne, l’abbé Aubry, des Trois-Rivières, des militaires en costume, un grand nombre de dames, l’abbé Horan, le premier principal de l’école normale Laval, MM. les professeurs Toussaint, de Fenouillet, et tous les professeurs et élèves de la nouvelle institution.

Mgr Baillargeon prononça un discours plein de tact et d’à propos qui fut beaucoup remarqué. L’abbé Horan se

  1. Voir plan 1036 du département des Travaux publics, à Québec.