Page:Gagnon - Le fort et le château Saint-Louis (Québec), 1908.djvu/202

Cette page a été validée par deux contributeurs.
202
le fort et le chateau saint-louis

guay (26 octobre 1813), où le colonel de Salaberry et ses trois cents voltigeurs franco-canadiens défirent sept mille Américains commandés par le général Hampton. [1] Après la guerre, l’Angleterre victorieuse et reconnaissante confirma les promesses faites par sir George Prevost à l’évêque de Québec, et tous les droits des Canadiens-Français, relativement au domaine religieux, furent enfin et définitivement reconnus.

Monsieur Joseph Bouchette, dans sa Description topographique de la province du Bas-Canada, publiée à Londres en 1815, s’exprime ainsi :

« En 1759, la population de Québec se montait à environ huit à neuf mille âmes ; à présent, y compris les faubourgs, elle est d’à peu près 18,000. Les édifices publics sont le château Saint-Louis, l’Hôtel-Dieu, le couvent des Ursulines, le monastère des Jésuites, actuellement converti en casernes, les cathédrales protestante et catholique, l’église écossaise, l’église de la basse-ville, la maison de Justice, le séminaire, la nouvelle prison, et les casernes de l’artillerie ; il y a deux marchés, une place d’armes, une parade et une esplanade. De ces bâtiments, le château Saint-Louis étant l’objet le plus saillant sur le sommet du rocher, mérite le premier d’être remarqué ; c’est un beau

  1. La « guerre de 1812 » se termina par le traité de Gand, du 24 décembre 1814. « La bataille de Châteauguay surtout fut décisive. On l’a comparée, non sans raison, aux Thermopyles, et le nom de Salaberry a été exalté, en prose et en vers, à l’égal de celui de Léonidas. Si cet enthousiasme a pu paraître excessif à raison de la courte durée de l’engagement et du petit nombre de tués et de blessés de notre côté, la résistance à des forces si supérieures et les résultats qu’elle a eus suffisent pour le justifier. Ce n’est, si l’on veut, qu’une vive fusillade, un éclair au coin d’un bois ; mais cet éclair a illuminé tout notre avenir. Il a fait voir encore une fois à l’Angleterre qu’elle devait compter avec nous ; il a donné raison à la politique du général Prevost. » — P.-J.-O. Chauveau.