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domination anglaise

poète soit de nature à réveiller un sentiment quelconque se rapportant à la tristesse on à la joie. La musique fait le reste. Elle vient donner une intensité merveilleuse à ce sentiment, et sait en exprimer des nuances exquises que la parole seule ne saurait jamais rendre.

Dans un article intitulé : « Québec au temps passé, » publié dans la Kermesse du 25 novembre 1892, M. Thomas Chapais s’exprime en ces termes au sujet des réceptions du château Saint-Louis :

« La société de Québec, au commencement du siècle, était très distinguée et très brillante.

« Un grand nombre de vieilles familles, alliées à la noblesse française et conservant les traditions du régime tombé en 1763, lui donnaient beaucoup d’éclat. La présence du gouverneur et des troupes anglaises y ajoutait un élément très important. C’était une grande affaire que les réceptions au château, et les divertissements officiels constituaient une partie de la politique anglaise envers les colonies. Nous trouvons dans la correspondance de sir Robert Shore Milnes avec le ministre un indice de cette préoccupation. Le gouverneur se plaignait que son traitement n’était pas assez élevé. Il disait :

« Quelques mois de séjour m’ont convaincu que mon traitement actuel n’y peut suffire, si je continue à résider au château et que j’y tienne l’état que l’on attend d’un gouverneur, et qui, selon mon expérience, sert grandement à unir et à réconcilier les gens, résultat essentiellement favorable aux intérêts de Sa Majesté. Je sais bien que je pourrais, en vivant sur le pied d’un simple particulier, restreindre ma dépense à mon traitement actuel, et je n’ennuierais pas Votre Grâce (le duc de Portland) d’un pareil détail ; mais alors je ne croirais