Page:Gagnon - Le fort et le château Saint-Louis (Québec), 1908.djvu/153

Cette page a été validée par deux contributeurs.
153
la guerre de sept ans

Vaudreuil de ne pas attendre an dernier moment, pour capituler si la chose devenait nécessaire, mais de tacher d’obtenir les meilleures conditions possibles. Tous optèrent pour la capitulation immédiate, à l’exception de Fiedmont. Toutefois, après que Vaudreuil eut contremandé ses instructions antérieures et fait savoir qu’il envoyait des secours à la ville, Johannès insista auprès de Ramezay pour arrêter les pourparlers engagés avec le général anglais ou les traîner en longueur. La Roche-Beaucour, arrivé avec des provisions de bouche, insista à son tour pour faire revenir le commandant sur sa détermination évidente ; mais des vaisseaux anglais s’étant rapprochés de la ville, Ramezay, croyant que le bombardement allait recommencer, et s’appuyant sur les premières instructions de Vaudreuil, ouvrit les portes de Québec, après la signature d’un acte de capitulation qui sauvegardait les droits religieux et civils du peuple et stipulait que la garnison de la place sortirait avec les honneurs de la guerre et serait transportée en France.

Lévis, Vaudreuil et le gros de l’armée franco-canadienne, partis de Jacques-Cartier pour venir attaquer les assiégeants, étaient alors à la Pointe-aux-Trembles ou à Saint-Augustin, et devaient arriver le lendemain à Sainte-Foy. Bougainville était déjà rendu à Charlesbourg, prêt à secourir la ville. Townshend, qui allait se trouver pris entre deux feux, accueillit les ouvertures de Ramezay avec empressement et se montra facile sur les articles de la capitulation.

« Le 18, avant le coucher du soleil, les portes de la cité furent ouvertes. Le général Townshend, avec son état-major, suivi de trois compagnies de grenadiers et d’un détachement d’artillerie traînant une pièce de campagne