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la guerre de sept ans

M. de Rigaud avait été un intrépide coureur de bois, un militaire plein de courage et d’audace. À la tête de partis composés de Français, de Canadiens et de Sauvages, il avait, à maintes reprises, rendu d’importants services à la colonie, traversant les rivières à la nage, pénétrant dans les fourrés les plus épais, faisant, l’hiver, sur la glace des lacs et dans les sentiers des forêts, des courses de vingt, trente et même soixante lieues, les raquettes aux pieds. Il s’était surtout signalé à Fort-Henry et à Chouaguen.

Madame d’Ailleboust (Françoise-Charlotte Alavoine), dont on vient de lire le nom, était la légataire universelle du marquis Pierre de Vaudreuil de Cavagnal. Elle était canadienne, née aux Trois-Rivières.

Lorsque mourut le dernier gouverneur de la Nouvelle-France, le général Haldimand habitait le château Saint-Louis depuis quelques jours. Il était soucieux, inquiet, préoccupé, et prêtait constamment l’oreille aux bruits de la lutte qui se poursuivait du côté des anciennes colonies anglo-américaines.

M. de Vaudreuil avait été tenu au courant des événements canadiens par les membres de la famille de Lotbinière, et il avait dû connaître les bons procédés de Guy Carleton à notre égard. Nul doute qu’il vit sans surprise les colons de la Nouvelle-Angleterre s’insurger contre leur métropole : c’était la conséquence de la chute de la domination française en Canada, — conséquence prévue par Choiseul, par le général Murray et par Montcalm lui-même.



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