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domination française

des rapports, et grâce à cette grande application si peu commune chez les personnes de son rang, il s’est bientôt acquis une connaissance parfaite des parties les plus éloignées de l’Amérique. Les prêtres et les commandants des forts qui se rencontrent chez lui, en visite, à leur retour de contrées quelquefois très distantes les unes des antres, sont surpris des questions qu’il leur pose et émerveillés de le voir si bien renseigné ; il n’est pas rare qu’il leur dise que, près de telle montagne ou tel rivage, où ils sont allés souvent faire la chasse, il y a telle plante particulière, des arbres de telle espèce, que le sol est de telle ou telle qualité, qu’on y trouve un certain minéral ; or, toutes ces informations, dont l’exactitude étonne les voyageurs, il les a obtenues d’avance. Mais quelques-uns de ses administrés, qui ne sont pas dans le secret, l’entendant faire une description de toutes les curiosités de lieux situés quelquefois à deux cents milles suédois de Québec, et où il n’a jamais mis le pied, croient qu’il a une connaissance surnaturelle des choses. Il n’y a jamais eu un meilleur homme d’État que lui, et personne ne peut prendre des mesures plus judicieuses et choisir des moyens plus efficaces pour l’amélioration d’un pays et l’accroissement de sa prospérité. »

Kalm parle ensuite de la flore et de la faune canadienne, de la fabrication du sucre d’érable, etc. ; puis il donne des détails sur le prix des animaux des fermes et des produits du sol. À la date du 27 septembre 1749, il écrit :

« Un cheval de moyenne encolure coûte maintenant quarante francs et plus. Un beau cheval vaut cent francs[1]

  1. Tous les chevaux canadiens, dit encore Kalm, sont forts, vifs, bien faits… On se plaint généralement que le peuple de la campagne commence à élever un si grand nombre de chevaux que les bestiaux manquent de fourrage en hiver. »

    Voir la petite étude sur les chevaux canadiens insérée à l’appendice de ce volume.

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