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le fort et le château saint-louis

petite stature, à la taille un peu déformée, et d’un extérieur agréable ; son savoir est vraiment étonnant et s’étend à toutes les branches de la science, surtout à l’histoire naturelle, dans laquelle il est si bien versé que, lorsqu’il commença à discourir sur cette matière, je crus entendre un autre Linné. M’entretenant avec lui de l’utilité de l’histoire naturelle, de la meilleure méthode à suivre pour l’apprendre et l’employer ensuite à améliorer l’état d’un pays, je fus étonné de le voir tirer ses raisons de la politique, aussi bien que de la philosophie, des mathématiques et d’autres sciences. Je confesse que mes conversations avec ce gentilhomme m’ont été très instructives et que j’en ai toujours tiré beaucoup de notions utiles. Il m’a indiqué plusieurs moyens d’employer l’histoire naturelle à des fins politiques en vue de rendre un pays assez puissant pour humilier ses voisins envieux. Un plus grand protecteur de la science n’a jamais existé et n’existera peut-être jamais en Canada. Il ne fut pas plus tôt installé dans sa charge de gouverneur-général qu’il combina cette série de mesures pour obtenir des informations sur l’histoire naturelle, que j’ai mentionnées plus haut. Lui arrive-t-il de voir des gens qui ont séjourné dans quelqu’un des établissements les plus éloignés du pays, ou les ont parcourus, il ne manque jamais de les questionner sur les arbres, les plantes, le sol, ]es pierres, les minéraux de ces localités. Il s’informe également de l’usage que les habitants font de ces choses, de leur méthode de culture, des lacs, rivières ou passages de ces pays, et de nombre d’autres détails. Il ne laisse partir ceux qui paraissent avoir des notions plus claires que les autres qu’après en avoir obtenu une description circonstanciée de ce qu’ils ont vu. Il prend note de toutes ces informations, en rédige lui-même