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domination française

« 25 août 1749. Toute la contrée est en état de culture et divisée en champs, en prairies ou pâturages. La plupart des terres sont couvertes de riches moissons de blé, d’avoine blanche et de pois. La campagne est parsemée de fermes et d’habitations dont quelques-unes sont fort belles…

« 29 août 1749. — Vus de la rivière, les environs de Québec sont des plus pittoresque. La ville est très élevée, et ses églises et ses monuments s’aperçoivent de fort loin. Les vaisseaux dans la rivière, au-dessous de la cité, ornent le paysage de ce côté. La poudrière, qui ronronne le sommet de la montagne sur laquelle s’élève la ville, domine tous les autres édifices. La campagne qui se déroule sous nos regards le long de notre course ne nous offre pas un aspect moins enchanteur…

« 11 septembre 1749. — Le marquis de la Galissonnière[1] …, âgé d’environ cinquante ans, est un homme de

  1. Rolland-Michel Barrin, comte de la Galissonnière, fut nommé commandant général de la Nouvelle-France par lettres-patentes du mois de juin 1747. Voici le préambule de ce document :

    « Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre ; à tous ceux qui ces présentes verront, salut.

    « Le sieur marquis de la Jonquière, chef d’escadre de nos armées navales, que nous avions pourvu du gouvernement général de la Nouvelle-France, ayant été fait prisonnier dans un combat qu’il a soutenu contre une escadre anglaise, en faisant route pour s’y rendre, et estimant nécessaire de commettre au commandement général de la dite colonie un officier capable d’en remplir tous les objets avec le zèle, la capacité, l’expérience, la valeur et la prudence qu’ils exigent, nous avons choisi le sieur comte de la Galissonnière, l’un de nos plus anciens capitaines de vaisseau, et commissaire général d’artillerie, en qui nous avons eu occasion de reconnaître toutes ces qualités par les preuves qu’il en a données, et par les services importants qu’il nous a rendus en diverses occasions.

    « À ces causes et autres bonnes considérations à ce nous mouvans, nous avons commis, constitué, ordonné et établi, etc… »

    Cette commission fut signée par Louis XV à Bruxelles, le 10 juin 1747, deux ans après la bataille de Fontenoy. — E. G.