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le fort et le château saint-louis

épais[1]. À l’est, elle est protégée par la rivière St-Laurent, et sur tous les autres points par un fossé profond, rempli d’eau, qui défend les habitants contre tout danger d’une incursion soudaine des troupes de l’ennemi. Quelques maisons dans la ville sont bâties en pierre ; la plupart le sont en bois de charpente, mais très élégamment construites. Les maisons de première classe ont une porte donnant sur la rue, avec un siège de chaque côté de la porte, où l’on vient s’asseoir pour causer et se récréer matin et soir. Les rues principales sont droites, larges et coupées à angles droits par les petites rues. Il y en a qui sont pavées, mais c’est l’exception. La ville a de nombreuses portes : à l’est, du côté de la rivière, on en compte cinq, deux grandes et trois petites ; et sur l’autre côté il y en a pareillement plusieurs…

« 2 août 1749. — Ce matin, de bonne heure, nous nous embarquâmes pour Québec, en compagnie du second major de Montréal, M. de Sermonville. Nous descendîmes la rivière St-Laurent, qui est ici passablement large, ayant à notre gauche, au nord-ouest, l’île de Montréal, et à notre droite plusieurs îles et le rivage. Une population dense habite les bords de l’île de Montréal… Les maisons sont bâties en bois, ou en pierre, et blanchies à l’extérieur. Les dépendances, telles que granges, étables, etc., sont toutes en bois. Le terrain dans le voisinage de la rivière est converti en champs de blé ou en prairies. Ça et là nous apercevons des églises qui se font face sur chaque côté du fleuve… À six lieues de Montréal, nous passons en vue de plusieurs îles de différentes grandeurs, la plupart habitées ; celles qui ne le sont pas sont converties en champs de blé, plus souvent en prairies.

  1. Le séminaire de Saint-Sulpice paya le tiers du coût de ces fortifications. — E. G.