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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/75

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JEAN RIVARD

sur les cinquante qui constituaient sa fortune. Il réussit à obtenir quinze autres louis qu’il destinait à l’achat de provisions et de quelques ustensiles agricoles.

Il engagea de plus à son service un nouveau travailleur qu’il voulait adjoindre à Pierre Gagnon. Il ne s’obligeait à lui payer ses gages qu’au bout de six mois, Jean Rivard se reposant en partie sur le produit de sa prochaine récolte pour faire face à cette obligation.

Les circonstances poussèrent en outre notre héros à contracter des engagements bien plus considérables que ceux qu’il avait prévus jusqu’alors. Mais il me faut entrer ici dans des détails tellement prosaïques que je désespère presque de me faire suivre par mes lecteurs même les plus bénévoles.

En tous cas, je déclare loyalement que la suite de ce chapitre ne peut intéresser que les défricheurs et les économistes.

En retournant à Louiseville, Jean Rivard dut s’arrêter plus d’une journée à Lacasseville. Là, tout en s’occupant de diverses affaires, il fit la connaissance d’un marchand américain, du nom d’Arnold, établi depuis plusieurs années dans ce village même, lequel, sachant que Jean Rivard avait entrepris des défrichements, voulut savoir s’il n’avait pas intention de tirer avantage de la cendre provenant du bois qu’il allait être obligé de faire brûler dans le cours de ses opérations.

Jean Rivard répondit que son intention avait d’abord été de convertir cette cendre en potasse ou en perlasse, mais que le manque de chemins et par