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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/38

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LE DÉFRICHEUR.

En retour, Louise, lui fit cadeau d’une petite Imitation de Jésus-Christ dont elle s’était déjà servie, ce qui ne la rendait que plus intéressante aux yeux du donataire ; elle l’engagea à en lire quelques pages, au moins tous les dimanches, puisque dans la forêt où il allait s’isoler il serait privé d’adorer Dieu dans son Temple.

La mère Rivard sanglota beaucoup en embrassant son cher enfant. De son côté, Jean aussi avait le cœur gonflé ; il le sentait battre avec force ; mais il dut encore faire un effort sur lui-même et se soumettre avec résignation à ce qu’il appelait le décret de la Providence.

Disons ici, pour répondre à ceux qui pourraient reprocher à Jean Rivard d’abandonner sa mère, que son frère cadet avait déjà dix-huit ans, et était parfaitement en état de le suppléer à la maison paternelle.

On comprend que nos deux voyageurs ne désiraient se charger d’aucun objet superflu ; aussi tout leur bagage consistait-il en deux sacs de voyage contenant leurs hardes et leur linge le plus indispensable, et quelques articles peu volumineux.

Jean Rivard n’oublia pas cependant son fusil, non qu’il eût un goût bien prononcé pour la chasse, mais dans les lieux sauvages qu’il allait habiter, cet instrument pouvait avoir son utilité, comme il fut reconnu plus d’une fois par la suite.

Dès le lendemain de leur départ de Grandpré, les deux voyageurs couchaient au village de Lacasseville.

Dans la soirée, Jean Rivard eut avec M. Lacasse un long entretien au sujet des choses dont il devait