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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/37

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JEAN RIVARD

rai aider ma pauvre mère à établir ses plus jeunes enfants, et faire du bien de mille manières. Ne ris pas de moi, mon cher Gustave ; j’en connais qui ont commencé comme moi et qui sont aujourd’hui indépendants. Qui sait si mon lot ne sera pas dans vingt ans le siège d’une grande ville ? Qu’étaient, il y a un demi-siècle, les villes et villages de Toronto, Bytown, Hamilton, London, Brockville, dans le Haut-Canada et la plus grande partie des villes américaines ? Des forêts touffues qu’ont abattues les haches des vaillants défricheurs. Je me sens le courage d’en faire autant.

« Je pars dans une semaine, avec armes et bagages, et la prochaine lettre que je t’écrirai, mon cher Gustave, sera datée de « Villa Rivard » dans le Canton de Bristol. » .......................


VII.

le départ. — pierre gagnon.


Jean Rivard passa dans la compagnie de sa Louise toute la soirée qui précéda le jour de la séparation. Je ne dirai pas les serments de fidélité qui furent prononcés de part et d’autre, dans cette mémorable circonstance. Le seul souvenir laissé par Jean Rivard à sa bien-aimée fut un petit chapelet en grains de corail, béni par notre Saint Père le Pape ; il le lui donna à la condition qu’elle en réciterait chaque jour une dizaine à l’intention des pauvres défricheurs.