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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/32

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LE DÉFRICHEUR.

son travail de couture, murmura d’un ton moitié badin, moitié sérieux :

« Je connais pourtant une certaine personne à qui ça ne sourira guère d’aller passer sa vie dans les bois. »

Cette remarque à laquelle Jean Rivard ne s’attendait pas, le fit rougir jusqu’au blanc des yeux, et sembla le déconcerter plus que toutes les objections qu’on lui avait déjà faites. Il se rassura pourtant graduellement, et après avoir pris congé de la famille, se retira sous prétexte de se reposer, mais de fait pour rêver à son projet chéri.


VI.

mademoiselle louise routier.


On était au commencement d’octobre (1843), et Jean Rivard tenait beaucoup à ensemencer quelques arpents de terre dès le printemps suivant. Pour cela il n’avait pas de temps à perdre.

Par un heureux et singulier hasard, sur le lot qu’il avait acheté se trouvait déjà une petite cabane érigée autrefois par un pauvre colon canadien qui avait projeté de s’établir dans cet endroit, mais que l’éloignement des habitations, le défaut de chemins, et surtout la crainte d’être forcé de déguerpir, avaient découragé.

Ces habitations primitives de la forêt sont construites au moyen de pièces de bois superposées et enchevêtrées l’une dans l’autre aux deux extré-