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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/30

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LE DÉFRICHEUR.

V.

une prédiction.


Autant notre héros avait paru morose et soucieux à son départ, autant il paraissait heureux à son retour.

Il était rayonnant de joie.

On peut s’imaginer combien sa bonne mère, qui n’avait cessé de penser à lui durant son absence, fut heureuse de le voir revenu sain et sauf. Ses frères et sœurs firent bientôt cercle autour de lui pour lui souhaiter la bienvenue et savoir l’histoire de son voyage.

— « Eh ! dit sa jeune sœur Mathilde, comme te voilà radieux ! Aurais-tu par hasard fait la rencontre de quelque jolie blonde dans le cours de ton excursion ?

— Oh ! bien mieux que cela, répondit laconiquement notre héros.

— Comment donc ! mais conte-nous cela vite, se hâtèrent de dire à la fois tous les frères et sœurs, en se pressant de plus en plus autour de lui ?

— Eh bien ! dit Jean d’un ton sérieux, je suis devenu propriétaire. J’ai maintenant à moi, en pleine propriété, sans aucune redevance quelconque, sans lods et ventes, ni cens et rentes, ni droit de banalité, ni droit de retrait, ni aucun autre droit quelconque, un magnifique lopin de cent acres de terre…

— Oui, de terre en bois debout, s’écria le frère cadet ; on connaît cela. La belle affaire ! comme si chacun ne pouvait en avoir autant ! Mais, dis