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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/209

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JEAN RIVARD

enfants, transmettez-leur intact, le bel héritage que vous avez reçu de vos ancêtres ; faites-en des chrétiens pleins d’honneur et de foi, de braves et dignes citoyens.

« Vous, mon jeune ami, ne vous laissez jamais séduire par l’appât des honneurs et des richesses. Tenez à l’estime de vos concitoyens, et si dans le cours de votre carrière qui sera longue, je l’espère, vous êtes appelé à remplir des fonctions publiques, ne refusez pas vos services à cette société dont vous faites partie ; mais que le devoir et non la vanité soit le mobile de vos actions. L’orgueil, le désir de s’élever, d’acquérir des distinctions illusoires, fait le malheur d’un grand nombre d’individus et par contre-coup celui de la société. C’est souvent parmi les hommes obscurs et inconnus que se trouvent les vrais sages, les âmes magnanimes, les nobles cœurs, les créatures d’élite les plus dignes du respect et de l’admiration de leurs semblables. Rappelez-vous toujours cette belle sentence de Fénelon : « les vrais biens sont la santé, la force, le courage, la paix, l’union des familles, la liberté de tous les citoyens, le simple nécessaire, l’habitude du travail, l’émulation pour la vertu et la soumission aux lois. » L’aisance, cette médiocrité que les poètes nous vantent avec raison, est préférable à une grande fortune. Il est permis et même louable de faire des économies pour les jours de la vieillesse et pour l’éducation des enfants ; mais quelque richesse que vous amassiez, fuyez le luxe et l’ostentation ; vivez simplement, modestement, tout en faisant le bien autour de vous, vous souvenant toujours que cette vie n’est qu’un court passage sur la terre :