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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/206

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LE DÉFRICHEUR.

Les premiers violons de la paroisse avaient été retenus d’avance, et les danses commencèrent de bonne heure dans l’après-midi. Le bal fut ouvert par le marié et la mariée (Jean Rivard avait dû apprendre à danser pour la circonstance), et par le garçon et la fille d’honneur qui dansèrent un reel à quatre ; vinrent ensuite des cotillons, des gigues, des galopades, des menuets, des danses rondes, et nombre d’autres danses dont les noms nous sont à peine connus aujourd’hui et qu’on ne danse plus dans nos réunions sociales, quoiqu’elles soient de beaucoup plus intéressantes, au dire de certains connaisseurs, que la plupart des danses maintenant à la mode dans les salons canadiens.

La mariée avait la tête ceinte d’une couronne blanche qui servait à la distinguer des autres ; sa fille d’honneur en avait une aussi, mais d’un goût plus simple et plus modeste.

La toilette de toutes les jeunes filles du bal se distinguait par une simplicité charmante. Les blanches épaules étaient soigneusement voilées aux regards indiscrets, les robes montantes ne laissant voir que des figures où se peignaient la candeur et la joie. Point de joyaux de prix, point d’autres ornements de tête que quelques fleurs naturelles. Et tout cela n’empêchait pas la plupart d’entre elles d’être ravissantes de beauté, non de cette beauté artificielle, effet de l’art et d’arrangements étudiés, mais de cette fraîcheur, indice d’un sang riche et d’une santé florissante.

Notre ami Pierre Gagnon qui, depuis surtout qu’il avait sauvé la vie à son jeune maître, était le favori de la famille Routier aussi bien que de la famille