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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/202

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LE DÉFRICHEUR.

Mardi, le sept octobre, à sept heures du matin, une procession composée d’environ quarante calèches, traînées chacune par un cheval fringant, brillamment enharnaché, se dirigeait de la maison de monsieur François Routier vers l’église paroissiale de Grandpré.

C’était la noce de Jean Rivard.

Dans la première voiture on voyait la mariée, vêtue de blanc, accompagnée de son père ; venait ensuite une autre voiture avec le garçon et la fille d’honneur, ou comme on dit plus généralement, le suivant et la suivante, dans la personne du frère aîné de Louise Routier, et celle de Mademoiselle Mathilde Rivard avec laquelle nous avons déjà fait connaissance. Il eut été sans doute facile pour Mademoiselle Routier d’avoir un plus grand nombre de filles d’honneur, mais elle se contenta volontiers d’une seule. Les parents, amis et connaissances des deux futurs venaient ensuite ; puis enfin dans la dernière calèche, se trouvait, vêtu de noir, le marié accompagné d’un oncle qui lui servait de père.

En apercevant cette longue suite de voiture sur la route de Grandpré, les femmes et les enfants se précipitaient vers les portes et les fenêtres des maisons, en s’écriant : voilà la noce. Les gens occupés aux travaux des champs s’arrêtaient un instant pour les regarder passer.

Arrivés à l’église, le fiancé et la fiancée furent conduits par la main, par leurs pères respectifs, jusqu’au pied des balustres.

Après la messe et la cérémonie nuptiale, toute l’assistance se rendit à la sacristie où fut signé l’engagement irrévocable.