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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/198

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LE DÉFRICHEUR.

plus qu’aucune autre, car elle allait lui permettre de revoir, lui aussi, après deux ans d’absence, ses anciens amis de Grandpré qu’il n’avait pu oublier au milieu même de ses travaux les plus durs et de ses plus folles gaîtés.

Mais il ne voulut pas partir sans se faire suivre de sa gentille Dulcinée qui n’aurait supporté que très-difficilement l’absence de son maître. Pierre Gagnon d’ailleurs était fier de son élève et ne voulait pas manquer une aussi belle occasion de la produire dans le monde.

En passant au bureau de poste de Lacasseville, Jean Rivard y trouva une nouvelle lettre de son ami Gustave qu’il s’empressa de décacheter :


Cinquième lettre de Gustave Charmenil.


Mon cher ami,


« Je regrette beaucoup que des circonstances imprévues ne me permettent pas d’accepter l’invitation que tu me fais d’assister à tes noces. Heureux mortel ! je serais jaloux de toi, si je ne connaissais ton bon cœur, et si je ne savais que tu as mérité cent fois par ton travail et ton courage le bonheur dont tu vas jouir. Te voilà établi, avec un moyen d’existence assuré, une belle et vertueuse compagne pour égayer tes jours… que peux-tu désirer de plus ?

« Et mon ancienne belle inconnue, dont tu t’informes encore dans chacune de tes lettres ?… Ah ! mon cher ami, je puis maintenant t’annoncer une