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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/194

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LE DÉFRICHEUR.

de la journée, quel immense avantage offre l’emploi de cette machine expéditive !


Consacrons maintenant quelques lignes à l’inventaire de la fortune de Jean Rivard, à l’époque de son mariage, c’est-à-dire, deux ans après son entrée dans la forêt.

On a déjà vu que notre défricheur avait la louable habitude de mettre par écrit tous les faits, tous les résultats qui pouvaient l’éclairer dans ses opérations journalières. Aussi avait-il pu, dès la première année, dire au juste ce que lui avait rapporté de profit net chaque arpent de chaque espèce de semence. Tout était calculé avec exactitude et précision, et il lui était facile de faire en tout temps un inventaire fidèle de ses dettes actives et passives.


    qu’ils n’allassent en pays étrangers, ont prit le chemin de la montagne. Leurs haches et leur courage étaient tout ce qu’ils avaient. Que de misères ils ont eu à endurer les premières années ! Ils n’étaient logés que dans de pauvres cabanes, ne se nourrissaient que bien misérablement ! Ils étaient obligés de transporter sur leurs dos leurs provisions, des 4 et 6 milles. Mais aussi qu’ils étaient bien récompensés de leurs peines, leurs misères, et surtout de tant de privations, aussitôt qu’ils pouvaient confier quelques grains à cette terre arrosée de leurs sueurs. Des récoltes abondantes étaient leurs récompenses et les engageaient à ouvrir davantage ces terres pour semer beaucoup plus l’année suivante. C’est ainsi qu’après trois ou quatre ans ces pauvres colons récoltaient assez pour nourrir leurs familles l’hiver suivant. Quelle joie pour ces familles entières d’avoir un chez soi, une récolte abondante, de ne plus être obligées de gagner leur pain, par leur travail de tous les jours, chez un étranger, obligée de se plier au caprice des uns des autres. Et tout cela dans 4 ou 5 ans. Ces pères de familles ayant pris 3 ou 4 cents acres de terres ont ensuite établi leurs enfants, et se sont ainsi assurés que ces derniers ne les laisseraient pas. Quelle consolation pour leurs vieux jours ! Dans toute ma mission, il y a audessus de 100 familles venues pour s’établir, il n’y a que 12 à 15 ans, qui vivent maintenant à l’aise. Beaucoup ont payé leurs dettes, quelques-uns même qui,