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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/190

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LE DÉFRICHEUR.

indécisions. Il avait fait choix d’une petite butte ou colline à pente très-douce, éloignée d’une cinquantaine de pieds de la route publique ; la devanture devait faire face au soleil du midi. De la fenêtre donnant à l’ouest il pouvait entendre le murmure de la petite rivière qui traversait sa propriété. À l’est et un peu en arrière se trouvait le jardin, dont les arbres encore en germe ombrageraient plus tard le toit de sa demeure. Jean Rivard, malgré ses rudes combats contre les arbres de la forêt, était loin cependant de leur garder rancune, et il n’eut rien de plus pressé que de faire planter le long du nouveau chemin, vis-à-vis sa propriété, une suite d’arbrisseaux qui plus tard serviraient d’ornement, durant la belle saison, et prêteraient à ses enfants la fraîcheur de leur ombrage. Il en planta même quelques-uns dans le parterre situé en face de sa maison, mais il se garda bien d’y ériger un bosquet touffu, car il aimait avant tout l’éclat brillant et vivifiant de la lumière, et il n’oubliait pas l’aphorisme hygiénique : que « là où n’entre pas le soleil le médecin y entre. »


XXIV.

un chapitre scabreux.


Au risque d’encourir à jamais la disgrâce des poètes, je me permettrai d’exposer dans un tableau concis le résultat des opérations agricoles de notre héros durant l’année 1845, et de faire connaître l’état de ses affaires au moment où la question de son mariage fut définitivement résolue.