Ouvrir le menu principal

Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/189

Cette page a été validée par deux contributeurs.
184
JEAN RIVARD

Elle était complètement en bois ; elle avait trente pieds sur trente, un seul étage, avec en outre cave et grenier. L’intérieur parfaitement éclairé par des fenêtres pratiquées sur tous les côtés, et rendu accessible par deux portes, l’une placée au milieu de la façade et l’autre en arrière communiquant avec la cuisine, était divisé en quatre appartements d’égale grandeur. Il y avait ainsi cuisine, chambre à dîner, chambre de compagnie et chambre à coucher. Deux petites fenêtres pratiquées dans le haut des pignons permettaient de convertir au besoin une partie du grenier en dortoir. Un simple perron exhaussé à deux pieds du sol s’étendait le long de toute la façade, et la couverture projetait juste assez pour garder des ardeurs du soleil sans assombrir l’intérieur du logis.

Tout l’extérieur devait être lambrissé, et l’intention de Jean Rivard était de le faire blanchir chaque année à la chaux pour préserver le bois des effets de la pluie et des intempéries des saisons. Les contrevents devaient être peinturés en vert ; c’était une fantaisie romanesque que voulait se donner notre héros. Il croyait aussi, et la suite démontra qu’il avait deviné juste, que cette diversité de couleurs donnerait à sa maison une apparence proprette et gaie qui ne déplairait pas à la future châtelaine.

« Avant que cette maison ne tombe en ruine, se disait-il, je serai en état de m’en bâtir une autre en brique ou en pierre. »

La situation, ou l’emplacement de sa maison, avait aussi été pour Jean Rivard l’objet de longues et fréquentes délibérations avec lui-même ; mais la ligne établie par le nouveau chemin avait mis fin à ses