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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/161

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JEAN RIVARD

converties en maisons élégantes ; nous aurons un village de plusieurs mille âmes ; qui sait ? peut-être une ville. Des magasins, des ateliers, des boutiques, des moulins auront surgi comme par enchantement ; nous aurons notre médecin, notre notaire ; au centre du Canton s’élèvera le Temple du Seigneur, et à côté, la maison d’école »…

Ces simples paroles faisaient venir les larmes aux yeux de ses naïfs auditeurs auxquels elles rappelaient involontairement le souvenir touchant du clocher de la paroisse.


Vers la fin du mois de mars, nos défricheurs suspendirent un moment leurs travaux pour se livrer de nouveau à la fabrication du sucre d’érable, occupation d’autant plus agréable à Jean Rivard qu’elle faisait diversion à ses autres travaux et lui laissait d’assez longs loisirs qu’il donnait à la lecture ou à la rêverie. Ils entaillèrent une centaine d’érables de plus qu’ils n’avaient fait le printemps d’avant, et, grâce à leur expérience, peut-être aussi à une température plus favorable, ils fabriquèrent en moins d’un mois près de six cents livres de sucre d’un grain pur et clair, et plusieurs gallons d’un sirop exquis.

Les diverses opérations de cette industrie leur furent beaucoup plus faciles qu’elles ne l’avaient été l’année précédente ; ils purent même introduire dans la fabrication du sucre certaines améliorations dont ils recueillirent un avantage immédiat.

Il est deux choses importantes que je ne dois pas omettre de mentionner ici : la première, c’est que nos défricheurs continuèrent, comme ils avaient fait dès