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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/157

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JEAN RIVARD

Mais ce qui causa la plus vive sensation, ce fut la rumeur dont on vient de parler, celle de la confection d’un chemin public à travers le canton de Bristol. Cette nouvelle fut le sujet des plus grandes réjouissances.

Oh ! si les hommes qui sont à la tête des affaires, qui tiennent dans leurs mains les destinées du pays, le malheur ou le bonheur des populations, savaient toutes les douces émotions que fait naître au sein de ces pauvres et courageuses familles une simple rumeur comme celle-là ! Pour ces populations éparses au milieu des forêts, la question des voies de communication n’est pas seulement une question de bien-être et de progrès, c’est une question vitale, et le gouvernement qui s’occupe avec zèle de cette partie de l’administration publique, tout en agissant dans des vues de saine économie politique, remplit encore un devoir de justice et d’humanité.


XXI.

encore un hiver dans les bois.


Jean Rivard se remit avec courage à ses travaux de défrichement. Cette année, il n’allait plus à tâtons ; il avait acquis une certaine expérience, et il pouvait calculer d’avance, sans se tromper d’un chiffre, ce que lui coûterait la mise en culture de chaque arpent de terre nouvelle.

Durant les mois d’automne, il put, à l’aide de ses hommes et de ses bœufs, relever, brûler et nettoyer