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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/156

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LE DÉFRICHEUR

qui avait acheté les produits de Jean Rivard en se chargeant des frais de transport, étant en même temps représentant du peuple dans l’assemblée législative, sollicitait, paraissait-il, cette mesure avec tant de zèle, et il était secondé si vigoureusement par l’honorable Robert Smith, membre du conseil législatif et co-propriétaire du canton de Bristol, qu’on assurait que le gouvernement ne pourrait résister et allait affecter quelques centaines de louis à la confection de chemins dans cette partie du pays.

Ce n’était encore qu’une rumeur, mais Jean Rivard soupçonna qu’elle pouvait avoir quelque fondement parce que dans l’entrevue qu’il eut alors avec l’Honorable Robert Smith, au sujet des lots qu’il voulait acheter pour ses jeunes frères et Pierre Gagnon, on l’informa que le prix de chaque lot n’était plus de vingt-cinq louis, mais de cinquante. Les délais accordés pour le paiement du prix lui permirent toutefois de s’acquitter de ses promesses.

D’ailleurs, aux yeux de Jean Rivard, la confection d’un chemin à travers la forêt devait avoir l’effet d’accroître considérablement la valeur du terrain.

Le retour de Jean Rivard à Louiseville fut salué par des acclamations, non-seulement de la part de ses deux hommes qui commençaient à s’ennuyer de n’avoir plus leur chef, mais par la famille Landry et les colons voisins qui attendaient avec impatience des nouvelles de Grandpré où ils avaient laissé nombre de parents et d’amis. Aussi fut-il interrogé de toutes manières sur les accidents, les maladies, et sur les mariages passés, présents et futurs. Il lui fallut, pour satisfaire à la curiosité générale, faire l’histoire complète de Grandpré durant les derniers six mois.