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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/151

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JEAN RIVARD

moyen le plus direct et le plus sûr de parvenir à l’accomplissement de leurs vœux. Lord Elgin, ce Gouverneur dont les Canadiens conserveront à jamais la mémoire, parce que dans son administration des affaires de la Province il ne se contenta pas d’être anglais mais voulut avant tout être juste, Lord Elgin disait en 1848 que la prospérité et la grandeur future du Canada « dépendaient en grande partie des avantages qu’on retirerait des terres vacantes et improductives, et que le meilleur usage qu’on en pût faire était de les couvrir d’une population de colons industrieux, moraux et contents. »

Toutes les voix canadiennes ont fait écho à celle du noble Lord, ou plutôt Lord Elgin, en énonçant cette opinion, n’était que l’écho de toutes les voix canadiennes, car depuis nombre d’années les propositions les plus diverses avaient déjà été faites pour atteindre le but en question.

Mais de tous les moyens proposés, le plus simple, le plus facile et en même temps le plus efficace, c’est, on l’a dit mille et mille fois, et il n’y a qu’une opinion sur le sujet, c’est la confection de chemins publics à travers les forêts. Ce qui prouve cela de la manière la plus évidente, c’est que partout où l’on établit de bonnes voies de communication, les routes se bordent aussitôt d’habitations, et qu’au bout de quelques mois l’épi doré remplace les arbrisseaux naissants et les chênes séculaires. Si ce moyen si rationnel eût été adopté et mis en pratique, sur une grande échelle, il y a cinquante ans, la face du pays serait entièrement changée ; ces milliers de Canadiens qui ont enrichi de leur travail les États limitrophes de l’Union Américaine se seraient établis