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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/120

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LE DÉFRICHEUR

planches et madriers nécessaires à la construction, il avait fallu, au moyen de ces grandes scies à bras appelées « scies de long » fendre un certain nombre des plus gros arbres, pour se procurer les madriers dont l’aire ou la batterie devait être construite et les planches nécessaires à la toiture de l’édifice. Ce travail avait été exécuté avec zèle et diligence par les deux hommes de Jean Rivard. Quant au bardeau destiné à la couverture, il avait été préparé à temps perdu, dans les jours pluvieux du printemps et de l’été.

Le père Landry et ses enfants s’étaient empressés d’offrir leurs services à Jean Rivard pour tailler et lever la grange. En quelques jours on avait érigé un bâtiment de vingt-cinq pieds de long sur vingt de large, dont l’aspect, il est vrai, n’avait rien de fort élégant, mais qui pouvait suffire aux besoins de son propriétaire, pendant au moins trois ou quatre ans.

C’était aussi dans le même bâtiment, que les animaux devaient être mis à l’abri du froid et des intempéries des saisons.

Le transport des gerbes à la grange dut être effectué à l’aide des deux bœufs et d’une grossière charrette confectionnée pour la circonstance.

Il ne faut pas croire cependant que la construction de ce véhicule eût été d’une exécution facile. La confection des ridelles et des limons n’avait offert, il est vrai, aucune difficulté remarquable, mais il n’en avait pas été ainsi des deux roues, lesquelles avaient dû être faites tant bien que mal, au moyen de pièces de bois, de trois ou quatre pouces d’épaisseur, sciées horizontalement à même un tronc d’arbre de vaste circonférence. Un essieu brut avait été posé au