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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/107

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JEAN RIVARD

arpents de terre presque entièrement semés en légumes.

M. Landry apprit en même temps à Jean Rivard que plusieurs autres familles de Grandpré se préparaient à venir s’établir le long de cette route solitaire.

Ces nouvelles réjouirent le cœur de notre héros. Il remercia cordialement M. Landry de sa visite inattendue et le pria de prendre le souper avec lui dans sa modeste habitation. De son côté, M. Landry était tout étonné des progrès que Jean Rivard avait faits en si peu de temps, et de l’apparence de prospérité qu’offrait déjà son établissement. Il le complimenta beaucoup sur son courage, et sur le bon exemple qu’il donnait aux jeunes gens.

Les deux défricheurs se séparèrent les meilleurs amis du monde ; et comme M. Landry inspirait à Jean Rivard la plus haute estime par son air d’honnêteté et ses manières simples, celui-ci se proposa bien de cultiver son amitié et celle de ses fils.

Il ne tarda pas d’ailleurs à recevoir aussi la visite de ces derniers qui, après avoir fait connaissance, venaient souvent, à la brunante, fumer la pipe à sa cabane. Ils étaient constamment de bonne humeur et s’amusaient infiniment des drôleries incessantes de Pierre Gagnon qui leur raconta sous mille formes différentes, en y ajoutant chaque jour quelque chose de nouveau, les petites misères et les embarras que son maître et lui avaient eus à essuyer durant les premiers mois qu’ils avaient passés seuls au milieu des bois.

Les relations de voisinage s’établirent facilement.

Lorsqu’il n’eut plus rien autre chose à dire, Pierre