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Page:Gérin-Lajoie - Jean Rivard, le défricheur, 1874.djvu/105

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JEAN RIVARD

Dieu de lui prêter sa foudre pour anéantir ces monstres.

« Laissons faire, disait stoïquement Jean Rivard, nos souffrances n’auront qu’un temps ; dans deux ou trois ans, quand la forêt sera tombée, quand le soleil aura desséché la terre et les marais, cet insecte disparaîtra. C’est un ennemi de la civilisation, tout défricheur doit lui payer tribut ; nos pères l’ont payé avant nous, et ceux de nos enfants qui plus tard s’attaqueront comme nous aux arbres de la forêt le paieront à leur tour. »


XV.

progrès du canton.


Une fois les semailles terminées, Jean Rivard et son fidèle Pierre n’étaient pas restés oisifs ; ce qu’on appelle les mortes saisons dans les anciennes paroisses n’existaient pas pour eux ; pendant que Lachance fabriquait sa potasse, nos défricheurs s’étaient remis à l’œuvre avec une nouvelle ardeur, et leurs progrès avaient été si rapides qu’avant l’époque des récoltes ils avaient déjà plus de dix arpents d’abattus.

Mais pendant que Jean Rivard se livrait ainsi, courageusement à ses travaux de défrichement, à ses opérations agricoles et industrielles, un grand progrès se préparait dans le Canton de Bristol.

Dès le commencement du mois de juin, Jean Rivard soupçonna par certaines illuminations qu’il croyait apercevoir au loin, dans l’obscurité de la