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XI


 
Las de la jalousie horrible qui m’obsède
Et honteux de ne pas savoir si je possède
Son âme comme j’ai son corps délicieux,
Je veux parfois aller vivre sous d’autres cieux,
Peut-être en Palestine et peut-être en Norwége,
Sous un soleil de flamme ou sous un ciel de neige ;
Pourvu que je sois loin de son corps, n’importe où !
Mais je songe parfois aussi que le vent fou
Me chantera sa gloire à toutes les minutes,
Sa gloire, et ma défaite, et les suprêmes luttes !
Que partout je vivrai dans son souvenir cher ;
Puisque les cieux brûlants me chanteront sa chair,
Sa chair que le frisson des voluptés enflamme !
Tandis que les cieux froids me chanteront son âme !