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IX


 
Je vous fatigue avec mes désirs incessants,
Avec mes cris ! Je vous fatigue, je le sens.
Faible cœur ! Mais la Mort, qui n’est jamais lasse, elle !
Me jettera bientôt dans l’ombre universelle
Où les fronts les plus chauds ne pensent plus jamais ;
Vous ne me verrez plus alors, vous que j’aimais.
Son rire au fond de moi sonne comme une cloche.
Et ce sera bientôt ; la Mort est toujours proche.
Vous ensevelirez mon corps vieux et perclus.
Je serai bientôt mort. Vous ne m’entendrez plus.
Et vous n’aurez plus un souvenir dans votre âme.
Et vous n’entendrez plus mes paroles de flamme
Qui tombaient chaque nuit sur votre impureté.
Et vous serez heureuse et froide, ô ma Beauté !