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Retourne dans le fond de l’ombre et du néant,
L’âme surgit alors comme un œil de géant,
Et monte. Mais quand l’homme a méconnu le rêve,
Et que sur lui le jour mortuaire se lève,
L’âme suit au tombeau le corps évanoui,
Et, n’ayant pas prévu le ciel, meurt avec lui.
Si tu veux vivre après la mort, si tu veux être
Un de ceux qui verront l’aube immense apparaître
Sur ce néant des jours qui passeront, alors
Suis-moi ! sinon va-t-en, et meurs avec ton corps. »

Il se tut. Et sa main forte élevant la mienne
Me fit voir, au-dessus de la forêt ancienne,
Toute noire, le beau ciel tout bleu, rayonnant
D’étoiles, pour lequel je lutte maintenant.