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Se communiqueront à nos corps enfiévrés ! »
Alors elle me prit par la main, et, serrés
L’un contre l’autre, avec des paroles pareilles
À celles que nous font entendre les abeilles
Qui bourdonnent depuis le matin jusqu’au soir,
Nous allâmes, pensifs et tristes, nous asseoir
Sur sa couche, parmi les herbes et les branches.
Et je dormis bercé par ses belles mains blanches.
Et je fis tellement de rêves ce soir-là,
Que toute ma douleur ancienne s’envola,
Comme un voile qu’un vent terrestre aux cieux entraîne,
Et que je demeurai l’amant de la Sirène
Divine qui m’avait séduit avec sa voix.
C’est depuis ce soir-là que je vis dans les bois.