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V

LA CHIMÈRE


 
Je n’avais pu dormir, je pleurais sur mon lit.
C’était l’heure où, le jour venant, le ciel pâlit.
Alors je vis sur moi la tête inconsolable
De la Chimère aux flots céruléens semblable ;
Elle fixait sur moi ses yeux couleur de sang ;
Moi, je la regardai sans rien dire, pensant
Qu’elle avait comme moi dû souffrir de la vie,
Des hommes, de l’orgueil, du crime, de l’envie ;
Jalons tristes posés le long de nos chemins.
Alors je pris son corps de neige entre mes mains,
Et, l’apaisant avec de lascives caresses,
Ou regardant couler l’or de ses blondes tresses