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XXII

SONNET MÉLANCOLIQUE


 
Quand s’en iront les Âmes détenues
Dans l’air sans fin goûter le vrai bonheur,
Comme tout cède au plaisir suborneur,
D’aucuns viendront trouver au fond des nues

Les visions qu’ils n’ont pas seuls connues,
Comme un enfant libre du gouverneur
Fait consister sa joie et son honneur
À contempler des femmes toute nues.

Si chacun peut toucher au fond du ciel
Son idéal chimérique ou réel,
Moi, dédaigneux des voluptés publiques

Et par un dieu personnel agité,
Je revivrai les jours mélancoliques
Si bien vécus lors du dernier été.