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Silence des grands soirs monotone et fidèle,
Garde en toi pour toujours ce souvenir divin.
Je me rappelle un soir que j’étais seul près d’elle,
Un soir mélancolique au milieu du ravin.

Garde en toi pour toujours ce souvenir divin,
Il tombait de la lune un fleuve d’améthystes.
Un soir mélancolique au milieu du ravin.
Oh ! comme par moments les cœurs deviennent tristes !

Il tombait de la lune un fleuve d’améthystes.
Les arbres en étaient éblouis et charmés.
Oh ! comme par moments les cœurs deviennent tristes !
Te souvient-il qu’un jour nous nous sommes aimés ?

Les arbres en étaient éblouis et charmés.
Il passait sous les bois d’anciens accords de lyres.
Te souvient-il qu’un jour nous nous sommes aimés ?
Ô sainte extase ! ô joie immortelle ! ô délires !

Il passait sous les bois d’anciens accords de lyres
Morts autrefois et puis ressuscites par nous,
Ô sainte extase ! ô joie immortelle ! ô délires !
Ô silence des soirs, tes chants sont les plus doux.