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XXV

NAUFRAGIUM


 
La tempête est calmée et la mer est sans bruit.
Ô femme, votre cœur, qui m’apparaît sans voiles,
Est comme un grand navire aux mâts rompus, aux voiles
Pendantes, qui séjourne au milieu de la nuit,

Et qui ne lutte plus, et que rien ne conduit,
Et sur les flancs duquel flottent de longues toiles
Sous le balancement rhythmique des étoiles.
Ô femme, vous portez un grand amour détruit.

Nous sommes tous les deux sur le pont du navire
Qui tremble en proie au vent nocturne et qui chavire.
Vous, vous cherchez encor la route dans les cieux.

Moi, penché sur le flot, que mon regard invite,
Je me demande avec des larmes dans les yeux
Comment de tels vaisseaux peuvent sombrer si vite.