Page:Froger - À genoux, 1878.djvu/123

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Il faudra que mon cœur saigne encor bien des jours,
Avant que sur mes yeux l’éternelle nuit tombe !
Saignera-t-il encor dans la profonde tombe
Après les maux si durs et les crimes si lourds ?
Il faudra que mon cœur saigne encor bien des jours !

Une femme me dit : « J’ai dévoré ton âme ;
C’est ce qui m’a donné ce teint d’adolescent. »
Une femme me dit encor : « J’ai bu ton sang ;
Regarde-le courir dans mes veines de flamme. »
Une femme me dit : « J’ai dévoré ton âme. »

L’immense Mort tomba sur moi. Je restai seul.
Une dernière fois les femmes se plaignirent ;
Et puis les grands flambeaux dans leurs mains s’éteignirent ;
Et le drap remonta sur moi comme un linceul,
L’immense Mort tomba sur moi. Je restai seul.