Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/89

Cette page n’a pas encore été corrigée


RAPHAËL. 73 Vers la porte, en tournant, sur le bahut énorme, Pêle-mêle bassins, vases de toute forme, Pain de seigle, et laitage, où plonge la cuiller ; Enfin, plus bas encor, sur le bord du foyer, Penchée, en travaillant, vers le grillon qui crie, A son rouet j’aperçois la petite Marie Qui, sous sa jupe blanche arrangeant ses genoux, Avec son doux parler de loin me dit : C’est vous ! .............................................. .............................................. Bien des jours ont passé depuis cette journée, Hélas ! et bien des ans ! dans ma quinzième année, Enfant, j’entrais alors ; mais les jours et les ans Ont passé sans ternir ces souvenirs d’enfants, Et d’autres jours viendront, et des amours nouvelles, Et mes jeunes amours, mes amours les plus belles, Dans l’ombre de mon cœur mes plus fraîches amours. Mes amours de quinze ans refleuriront toujours !

RAPHAËL Tu reçus en naissant le don de la beauté ; Un front pur, un regard plein de sérénité. D’où sortait par éclairs, comme une chaste flamme. L’idéale beauté que renfermait ton âme ; Les vierges, les enfants et les anges de Dieu, Ce qu’on voit de plus pur en tout temps, en tout lieu, Morts à jamais sans toi, retrouvèrent la vie, Et ta main amoureuse en sema l’Italie ; Amour et gloire à toi, peintre envoyé du ciel. Jeune ange au long profil appelé Raphaël !