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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/552

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SAND (GEORGES).

Quelle rumeur profonde
S’élève dans les airs ?
Est-ce du sein de l’onde
Que partent ces concerts ?

Ces vivantes nuées,
Amis, c’est le sabbat ;
Des follets et des fées
C’est l’essaim qui s’ébat.
Ils escortent leur reine,
Mab, aux cheveux dorés,
Dont le pied couche à peine
L’herbe fine des prés.

Vois-tu, c’est la plus belle
Parmi les fils de l’air.
Plus d’un barde pour elle
Souffre un tourment amer.
Oh ! crains qu’elle te montre
Seulement son pied blanc ;
Ou songe, à sa rencontre,
À te signer, tremblant.

À son regard perfide
Ne va pas t’exposer.
Ici-bas la sylphide
Ne saurait se poser.
Pétulante et menue,
L’air est son élément,
Elle enfourche la nue
Et chevauche le vent.

Quand la lune se lève,
Sur le pâle rayon
Elle vient comme un rêve,
Dansante vision.