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ALLETZ (PIERRE-ÉDOUARD).

Brillant de tous côtés d’une céleste flamme,
Roule à mes yeux notre univers.


Moi, je nage en jouant en des flots de lumière,
Quand l’ombre vous ravit l’horizon éclipsé.
Je parais immobile ; et du pole glacé
Mon esprit touche la barrière.


Je dis à ma pensée : Allons, fume, volcan !
Sois l’amour, la colère, un autel, un grand homme,
Un vallon plein de fleurs, le Panthéon de Rome,
Ou l’écume de l’Océan !


Je veux : ma trace brille avec honneur suivie
Par mille êtres charmants de mon souffle animés.
J’inonde avec le feu, superflu de ma vie.
Leurs cœurs que Dieu n’a point formés.


Je leur donne des pleurs, je leur fais des années ;
Je leur compose un ciel sur leur tête grondant.
Lave des passions, de mon sein débordant,
Tu sillonnes leurs destinées !


Partout je porte un monde où j’aime à m’envoler,
Qu’on ne peut me ravir, où l’on ne peut m’atteindre.
Mon sort est de le voir, mon bonheur de le peindre.
Ma gloire de le révéler.


Je dispense l’éclat dont mon front s’environne :
Sans l’épuiser le monde a senti mon ardeur :
Le rayon sort toujours des feux de ma couronne,
Et n’ôte rien de ma splendeur.


Mais parfois enivrés d’un céleste pouvoir,
Nous transgressons les lois de l’auguste devoir
Qu’impose le génie.
Nous faisons de la gloire un abus éternel :