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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/17

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ALLETZ (PIERRE-ÉDOUARD)



Assez inconnu aujourd’hui, il eut son moment de réputation aux belles années du romantisme militant, moitié vers et moitié prose, mi-partie de philosophie et de poésie.

La philosophie l’emporta. Pour deux volumes de vers :Études poétiques en 1832, et Caractères poétiques deux ans après, il en écrivit dix ou douze de prose philosophique et néo-chrétienne, car il était croyant et sincère quoique libéral.

Il avait foi surtout en la bourgeoisie qu’il croyait devoir être chez nous la vraie forme de la démocratie. Dans son meilleur ouvrage : De la Démocratie nouvelle ou Des Mœurs et de la puissance des classes moyennes en France, qui obtint en 1838 un prix de 4,000 francs à l’Académie française, il a pris ce système pour base. Il y touchait de trop près à la politique pour que celle-ci ne finît pas par l’accaparer.

Il fut du mouvement révolutionnaire de 1848. Il y gagna une place de consul à Barcelone, où il mourut deux ans après, à cinquante-deux ans. Il était né à Paris.

La pièce qui suit, la mieux inspirée certainement de ses poésies, se trouve dans son second recueil,Caractères poétiques. Nous l’avons beaucoup abrégée.


LE POÈTE


De l’espace et du temps, grand Dieu ! tu m’as fait roi !
Des astres dans mon sein j’écoute l’harmonie.
Eux sont dans l’univers, et le monde est en moi :
J’ai tout un ciel dans mon génie.


Je m’entoure à mon gré de cent peuples divers ;
Et dans l’immensité des déserts de mon âme,