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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/160

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On cause avec son cœur, on jette un nom de femme

Aux tièdes vents des nuits.


Un nom qu’on aime tant ! qui charme la souffrance,

Et se mêle, toujours radieux d’espérance,

Aux rêves d’avenir ;

Nom gracieux et beau, que souvent, à l’oreille.

L’ange vient murmurer au malheureux qui veille.....

Doux comme un souvenir !


Un nom, qu’un jour nous dit sa lèvre bien-aimée.

Et qui, plus tard, signa la lettre parfumée.

Qu’on porte sur son cœur ;

Un nom... le nom sacré de la première femme

Dont le regard d’amour initia notre âme

Aux secrets du bonheur !


Car ce nom, c’est le sien. Recueilli par la brise,

Il revient : on l’entend comme une voix exquise

Qui chante un chant d’amour ;

Comme l’écho lointain d’une sainte harmonie.

Ou comme un faible accord des harpes d’Éolie

Vers le soir d’un beau jour.


Oh ! qui ne l’a mêlé souvent, dans sa prière,

Aux vœux qu’on fait, le soir, pour la sœur ou la mère

Qui pleure loin de nous ?

Qui ne l’a murmuré dans ses nuits d’insomnie,

Quand on prend en dégoût cette terre et la vie

Si pesante pour tous ?


Hélas ! moi qui connais les heures d’amertume

Où le spleen assombrit de son voile de brume

Nos songes de vingt ans,

Que de fois j’ai trouvé dans ce nom plein de charmes.

Quand j’étais seul et triste, un remède à mes larmes,

Un baume à mes tourments !