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Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/151

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ESQUIROS (Alphonse)

Né à Paris en 1814, il fut, de 1834 à 1841. presque exclusivement poète. Jusque-là, par conséquent, il nous appartient. Ensuite, la politique la plus exaltée l'ayant saisi, il nous échappe, et nous n’avons plus à le suivre.

Son premier volume de vers, les Hirondelles, d’une inspiration religieuse jusqu’au mysticisme, parut, en 1736, sous le patronage de Victor Hugo, qui disait : « C’est un essaim de vers charmants qui s’envole ; c’est un livre de poète que celui-là. » L’éloge est vrai, le livre n’en eut pas pour cela plus de succès. Il n’en fut pas vendu plus de douze exemplaires, au dire d’Esquiros lui-même.

Les Chants du prisonnier réussirent mieux, sept ans après. Il est vrai que la politique ardente, dans laquelle il commençait à se lancer, et qui venait de lui valoir quelques mois de prison, y avait glissé son appoint de vers démocratiques, et qu’alors déjà avec un pareil gage le succès de popularité était toujours sûr.

En 1846, son poème : Fleurs du peuple, fut encore plus accentué. Aussi Monselet, frappé du contraste de ces violences du poème avec le calme toujours affable et souriant du poète, avait-il écrit, sans autres commentaires, cette note sur son exemplaire : « De 1847 à 1848, j’ai vu presque tous les jours, à l'Artiste, Alphonse Esquiros, le plus doux et le plus affectueux des hommes. »

Exilé après le deux décembre, devenu préfet après le 4 septembre, Esquiros est mort sénateur il y a deux ans.


LES HIRONDELLES

Le peuple des oiseaux, comme celui des hommes,
               A des penchants divers ;
Les uns quittent aussi le pays où nous sommes
               En fuyant les hivers ;