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pensionnés par les curés. Les quatorze frères de la paroisse Saint-Sulpice reçoivent 4,592 livres du curé et de la fabrique ; les trois frères du Gros-Caillou reçoivent 1,158 livres du curé de Saint-Sulpice en dehors de leur logement ; les trois frères de Saint-Étienne-du-Mont, appelés en 1744, sont logés et touchent 900 livres ; les six frères de la paroisse de la Madeleine, appelés par le duc de Béthune-Charost en 1757, reçoivent 2,250 livres[1].

Il n’y avait pas l’équivalent de ce que nous appelons une école normale, pour la formation des maîtres et maîtresses, encore que certains esprits en aient senti la nécessité. Seuls les Frères des Écoles chrétiennes avaient, en dehors de leur noviciat, d’abord établi à Vaugirard, puis à Notre-Dame-des-Vertus, près du Luxembourg[2], en 1698, transféré enfin à Charonne en 1703, tenté l’essai d’un séminaire de maîtres d’écoles dans la paroisse de Saint-Hippolyte, en 1699, avec le concours du curé Michel Lebreton[3]. Il se trouvait dans le local de l’école des garçons, rue de Lourcine, et était surtout destiné à préparer des maîtres pour les paroisses suburbaines. Mais, à la suite de difficultés survenues entre J.-B. de la Salle et le frère qui en était le directeur, N. Vayand, cet établissement fut supprimé en 1705.

Dans certaines paroisses, les curés semblent cependant s’être entourés de certaines garanties dans le choix des maîtres, qui ne se fait qu’après délibération de la fabrique. Car les Compagnies de charité qui, au début, choisissaient les maîtres, paraissent bien avoir un peu partout abdiqué en faveur des curés qui dirigent effectivement toutes les œuvres paroissiales. Ceux-ci enfin virent petit à petit, à partir du xviiie siècle, leur pouvoir temporel limité par le Parlement, qui approuvait les règlements soit de la Fabrique, soit de la Charité, et paraît même dans certains cas s’être réservé le droit d’approuver la nomination des maîtres choisis dans les assemblées générales de paroisses en vertu de l’art. 25 de l’édit d’avril 1695[4].

  1. Arch. nat., L. 963. Mémoire historique et détaillé des établissements des Frères des Écoles chrétiennes dans le ressort du Parlement de Paris.
  2. C’était l’ancien couvent des Annonciades, alors sans locataire, et qui fut meublé par la générosité de Mme Voisin, veuve du secrétaire d’État, qui resta la bienfaitrice des Frères jusqu’à sa mort en 1714.
  3. Arch. nat., L. 655, et Gaston, Histoire de Saint-Hippolyte, p. 92.
  4. Monin, État de Paris en 1789. Paris, 1889, in-8°, p. 107.